Discours expo Conseil Général

Discours de Jean-Louis Marchenoir, le 12 juillet 2013.

vice-président du Conseil général chargé de la culture et du patrimoine

« Mesdames et Messieurs, Chers amis, Cher Jacques El Khaddar,

Je suis très heureux, très ému, de vous accueillir au Conseil Général de Loir-et-Cher, dans ce cloître…

Permettez-moi d’abord d’excuser le Président du Conseil Général, Maurice Leroy, qui aurait aimé être des nôtres ce soir, et que je suis très heureux de représenter, pour vous recevoir, dans la Maison du Département, chez vous, cher Jacques….

Chez vous, parce que né à Paris en 1926, d’une maman bretonne et d’un papa tunisien, vous êtes blésois, Loir-et-Chérien depuis 1952. Chez vous, parce que fort d’un CAP de tailleur de pierre, vous avez participé à la restauration du château de Chambord, un des emblèmes de notre département ; et aussi – parce que c’est essentiel- pendant dix-neuf ans, vous avez été un collaborateur efficace et apprécié du Conseil Général, au service de l’Entretien et de la logistique, qui est ici, comme dans toutes les collectivités, très précieux.

Chez vous, enfin, parce que la vocation de ce cloître est de recevoir des expositions de créateurs Loir-et-Chériens, fortement liés à notre terroir, qui a accueilli, nourri à travers les siècles tant d’écrivains, de poètes, de peintres, dans la lignée desquels vous vous inscrivez. Pour toutes ces raisons, il était naturel, évident que le Conseil Général vous rendît hommage.

La peinture, est une vocation qui vous est venue très tôt : «  J’ai réalisé mon premier dessin à six ans, dites-vous, puis mes premières toiles un peu plus tard ». Il y a peut-être de l’humour, dans les quatre derniers mots…

En tout cas, vous ne vous êtes jamais arrêté depuis, par faisant votre culture d’autodidacte, car l’art est avant tout curiosité personnelle, recherche, en suivant les cours du soir des Beaux-Arts à Paris, ou avec des maîtres prestigieux, comme Jean Touret, dans les années quarante.

C’est depuis 1957 que vous exposez ; à l’école de la Loire pour la première fois, cette année-là.

Depuis, vous ne cessez, d’exposer et de créer, utilisant tous les supports, toutes les techniques, tous les formats. Je pense bien sûr aux fresques murales dont vous avez orné la chapelle de la Croix de Foix, la basilique de la Trinité notamment ; mais comment passer sous silence vos sculptures monumentales, votre « Drakkar », votre « Cavalier » ? Pardonnez-nous, notre espace est un peu limite !!!

Alors, « L’Art, nécessité et langage », tel est le thème de cette exposition, rétrospective de votre œuvre.

Les épreuves du Bac, de l’Agrégation, du Concours Général sont derrière nous… Mais c’est un sujet sur lequel il est agréable de se pencher à vos côtés.

Nécessité, bien sûr, car pour reprendre et paraphraser Malraux – sa formule nous a servi de fil rouge tout au long de Loir-et-Cher 2020, pour la culture- j’ai envie de dire une nouvelle fois que l’art, la peinture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur terre. Qu’il donne ou qu’il reçoive.

Nécessité également car, chacun à notre façon, nous avons tous besoin de nous exprimer en créant, de créer en nous exprimant, de nous révéler autrement qu’à travers les gestes du quotidien, autrement qu’à travers notre fonction, notre rôle social.

Nécessité également lorsque l’on rappelle l’inspiration religieuse de la première partie de votre œuvre… La Foi n’est-elle pas une « ananke », comme disaient les Grecs, c’est-à-dire quelque chose qui s’impose de façon nécessaire…évidente….

Langage, car à la différence de la littérature, même s’il y a eu Rabelais, Céline et quelques autres, peinture et sculpture offrent cette opportunité de créer à la fois l’idée, le concept et son véhicule. Enfin ne nous lançons pas dans les méandres de la linguistique… Il fait un peu trop chaud pour cela.

A propos d’un tout autre sujet, De Gaulle parlait d’ardente obligation. Ardente obligation, pour ceux qui créent, de pouvoir offrir leurs créations, au Public.

Ardente obligation, pour ceux qui animent et soutiennent la culture d’être aux côtés de artistes, des créateurs…

Aussi, pour terminer, je tiens saluer l’association « Les amis de Jacques El Khaddar » et son Président, Olivier Hamelin, ainsi que la Vigie Blésoise, dont nous partageons le souci de valoriser votre œuvre et de créer un lieu qui l’exposerait de façon pérenne.

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je vous en laisse le soin, Cher Jacques….. »

Le mot de Jacques :

« Je ne suis pas un orateur », a d’abord dit Jacques avant de remercier toutes les personnes présentes (environ 200) à ce vernissage, exprimant sa joie de rencontrer plusieurs d’entre elles qu’il n’avait pas vues depuis très longtemps.

Il a également adressé ses remerciements à ceux qui ont organisé l’exposition, procédé à l’accrochage des œuvres et salué les membres de l’Association des Amis des JEK.

Pour Jacques, derrière la création dans son ensemble et derrière chaque être humain en particulier, il y a de la beauté, du merveilleux. « Un bébé qui arrive, c’est une merveille et ce que j’ai cherché à montrer, à faire, à travers l’art, c’est de rendre visible l’invisible ».

Jacques a terminé sur une note d’humour en remerciant « toutes mes femmes qui me trouvent beau. Je n’y peux rien, c’est comme ça » et en citant, bien sûr, Bernadette qui l’accompagne sur cette route humaine et artistique depuis tant d’années.

Né de père tunisien et de mère bretonne et arrivé à Blois en 1952, il s’est décrit comme un vrai Blésois, c’est-à-dire quelqu’un à la fois d’ailleurs et d’ici.

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